Une passion nommée Pierre Mac Orlan

Publié le par CasaNostra

Il y de cela quelques jours, le Courrier Picard a dressé le portrait de Bernard Baritaud, écrivain et éditeur. Cet homme de lettres a signé la postface de l'album La Nuit Mac Orlan, un texte empreint de finesse et d'humanité.

" L’écrivain Bernard Baritaud n’est pas picard de naissance. Mais il est picard de cœur car passionné depuis l’enfance par le grand romancier, nouvelliste et reporter picard Pierre Mac Orlan, né à Péronne, et blessé devant sa ville lors de la grande boucherie de 14-18. Il préside même avec brio l’Association des lecteurs de Pierre Mac Orlan, au côté de l’universitaire Philippe Blondeau, universitaire amiénois. Bernard Baritaud est charentais ; il est né le 26 mars 1938, à Angoulême d’un père fonctionnaire des contributions indirectes et d’une mère, femme au foyer. Son père Gaston, un personnage. Grand résistant en Dordogne, il devint rapidement l’un des grognards du Rassemblement du Peuple Français (RPF) au sortir de la guerre, et briguera même un mandat de sénateur pour son parti. La carrière professionnelle du père, conduit le jeune Bernard à se retrouver, à 10 ans, à l’école primaire de Feuillade, puis, en classe au collège d’Angoulême. C’est un enfant timide, très lecteur, excellent en français, mais peu brillant en mathématiques et en matières scientifiques. À 15 ans, il étudie au lycée Notre Dame des Aydes, à Blois, un établissement religieux où il effectue ses classes de seconde et de première. Son père est alors nommé à Poitiers ; Bernard fréquente la classe de philosophie du lycée de cette ville, puis prépare une licence de lettre à l’université de cette même ville. Sa vie étudiante ? « Je travaillais très peu, mais je suivais bien en cours  », résume-t-il. «  J’avais été tellement bridé dans les institutions religieuses que je jettais ma gourme.  » Il passe du temps dans les bals. «  Une vie joyeuse et légère.  » Il lit toujours avec avidité Pierre Mac Orlan, Francis Carco, Blaise Cendrars et même Guy Des Cars. «  Un mois avant les examens, j’avalais tous les programmes  », sourit-il. «  Je comptais sur le fait que je disposais d’une puissance de travail très importante. Je lisais les auteurs que je n’avais pas lus.  » Il continue à se distraire. Avec un camarade, il loue une maison de campagne à un cordonnier de la ville basse de Poitiers : «  Je lui ai raconté que nous étions étudiants clercs de notaires, à Tours. Nous venions une fois par semaine pour faire la fête. Un jour que j’allais payer son loyer, il m’a demandé un conseil juridique. Je lui ai raconté n’importe quoi. J’espère qu’il n’a pas tenu compte de mes conseils. (Rires.) C’était une période heureuse, très plaisante. J’avais acheté ma première voiture, une Traction décapotable de 1939 qu’il fallait démarrer à la manivelle. Deux litres d’huile tous les cent kilomètres !…  »

Bernard ne manque pas d’humour. À la faculté de Poitiers (où il a comme enseignant Henri Bardon, un professeur de lettres proche de Georges Pompidou et de Léopold Senghor), il soutient son diplôme d’études supérieures de lettres sur le thème singulier de « Juvénal d’après ses satyres », «  un thème bidon car on ne savait rien de cet écrivain  », confie-t-il. «  J’en ai dressé un portrait fictionnel.  » Il obtient son CAPES, mais ce qu’il veut, c’est écrire. Il contacte Mac Orlan en 1959. Le 11 février de la même année, le grand romancier picard lui répond et l’encourage. L’apprenti écrivain publie donc sa première plaquette de poèmes en 1960, à La Tour de Feu, un éditeur assez libertaire animée par le poète Pierre Boujut. La presse le salue, et André Beucler lit même l’un de ses poèmes à la radio. Nommé professeur à Saint-Yrieix-la-Perche, près de Limoges, il refuse de s’y rendre, et part à l’armée, dans le régiment des Antilles comme militaire du contingent. Il fait ses classes, puis enseigne le français en Guyanne. L’armée terminée, il reste sur place, reprend contact avec Henry Bardon qui lui parle des écoles européennes. Il postule auprès de celles-ci, se retrouve dans Flandres belges. À bord d’une Simca Bertone, jolie voiture de sport, il arrive sur place, dans le village de Geel. Il y enseigne pendant deux ans, rencontre sa femme une Vénitienne qui enseigne l’italien dans cette école ; ils se marient. Il pose sa candidature pour un poste aux Affaires étrangères. Sa femme et lui partent aux Malouines, pays indépendant depuis un an. De 1966 à 1969, il devient attaché culturel auprès de l’ambassade et organise l’enseignement du français. Puis il est professeur à l’institut français d’Athènes, jusqu’en 1972, et assure l’animation culturelle (concerts, expositions, etc.) Il passe l’agrégation de lettres modernes, publie son premier livre sur Mac Orlan, chez Gallimard, rend visite au créateur de Sous la lumière froide, en 1964, à Saint-Cyr-sur-Morin, le revoit quatre ans tard, puis en 1970, à l’hôpital Lariboisière à Paris. Mac Orlan est sous la tente à oxygène, à l’agonie. Quand on l’interroge sur la passion qu’il voue à l’écrivain picard, il répond : «  Il symbolise l’aventure. J’aime également la diversité de son œuvre. J’aime sa capacité à évoquer des atmosphères. Il disait qu’il était comme une éponge : il captait les atmosphères. C’est un grand écrivain.  » Il se souvient d’un homme «  très gentil et malin qui savait, parfois, garder ses distances. Il avait été très marqué par la guerre 14-18, par la faim aussi qu’il a connue, jeune homme, à Montmartre au cours de sa vie de bohème. Il a également été traumatisé par la mort de sa mère ; mais il n’en a jamais rien dit.  » Cette passion littéraire ne l’empêcha pas de mener une brillante carrière comme attaché culturel (notamment à Colombo, à Rome, à Dakar, etc.) mais aussi d’enseignant (à la faculté de Dakar, puis à la Sorbonne, de 1993 à 2003). A cette date, il fonda les éditions du Bretteur, et poursuivit sa carrière d’excellent écrivain. C’est ce qu’il convient d’appeler une vie bien remplie."

Philippe Lacoche, le Courrier Picard

 

Bernard Baritaud, président de la Société des lecteurs de Pierre Mac Orlan, entre autres...

Bernard Baritaud, président de la Société des lecteurs de Pierre Mac Orlan, entre autres...

Voir les commentaires

Exposition La Nuit Mac Orlan

Publié le par CasaNostra

Découvrez en avant-première des planches originales de La Nuit Mac Orlan à paraître en mai chez Sixto.

En amont du festival Loperhet en ébullition organisé les 3 et 4 mai par l'association Brest en Bulle, la médiathèque des Quatre Moulins à Brest expose des planches originales de l'album La Nuit Mac Orlan, et ce jusqu'au 3 mai.

Planche extraite de l'album La Nuit Mac Orlan

Planche extraite de l'album La Nuit Mac Orlan

Arnaud Le Gouëfflec et Briac nous parlent de leur collaboration sur La Nuit Mac Orlan

Voir les commentaires

Pierre Bergé annonce la parution de La Nuit Mac Orlan

Publié le par CasaNostra

Le vendredi 21 mars, à la faveur du Salon du Livre de Paris, Pierre Bergé, en sa qualité de Président du Comité Pierre Mac Orlan, annoncera la parution en mai prochain aux éditions Sixto de la bande dessinée La Nuit Mac Orlan.

 

Cet album, signé Arnaud Le Gouëfflec et Briac, est un polar fantastique inspiré de l’œuvre de Pierre Mac Orlan. Le lecteur découvre, le temps d’une nuit à Brest, certains thèmes chers à l’auteur du Quai des Brumes : une femme tentatrice, un bourreau, la mer, le monde de la nuit, quelques squelettes phosphorescents, un pirate.

Après avoir remis le Prix Pierre Mac Orlan, auteur dont Pierre Bergé est le titulaire du droit moral, il présentera La Nuit Mac Orlan, album de bande dessinée à paraître en mai aux éditions Sixto.

 

Le livre

Marin, un universitaire spécialiste de Pierre Mac Orlan, arrive à Brest pour y rencontrer un curieux bouquiniste qui doit lui communiquer un manuscrit inédit de l’écrivain. Bientôt, il se retrouve en cavale dans la nuit brestoise, traqué par la police, cherchant à reconstituer les morceaux d’un puzzle diabolique. Est-il devenu un personnage de roman ? Est-ce un tour de son imagination ou une terrible machination ?

 

Les auteurs

Arnaud Le Gouëfflec - L’étiquette de touche-à-tout lui colle à la peau. Auteur de romans, pièces, chansons et scénarios, il multiplie les collaborations. En BD, il signe avec Obion le remarqué Vilebrequin qui remporte le Prix Jeunesse France Télévisions 2009. Avec Olivier Balez, il publie Topless, Le Chanteur sans nom, puis J’aurai ta peau Dominique A. Dans son univers surréaliste, les thèmes du masque, du fantastique niché dans le quotidien ou de l’art magique de la dissimulation reviennent en leitmotive.

 

Briac - Un trait puissant, noir. Des couleurs vibrantes qui vous plongent dans l’âme tourmentée de ses héros. Lauréat du Prix Jeune Auteur au festival Quai des Bulles en 1998, Briac a depuis publié Armen et Les gens du Lao Tseu et a participé à l’album collectif Quais divers, co-édité par les Éditions Sixto et SNCF. Lui qui travaille à l’encre et à la peinture acryliques, trouve son inspiration chez des peintres tels que Schiele, Munch ou Bacon, mais aussi dans l’expressionnisme du cinéma allemand des années 30.

Case extraite de La Nuit Mac Orlan

Case extraite de La Nuit Mac Orlan

Les auteurs parlent de l'album lors d'un reportage de France 3

Voir les commentaires

Les auteurs de La Nuit Mac Orlan sur France 3

Publié le par CasaNostra

Arnaud Le Gouëfflec et Briac ont été interviewés par une équipe de journalistes de France 3. Les auteurs commentent la réalisation de l'album de bande dessinée La Nuit Mac Orlan, à paraître aux éditions Sixto en mai prochain.

 

L'album

Marin, un universitaire spécialiste de Mac Orlan, arrive à Brest pour y rencontrer un curieux bouquiniste qui doit lui communiquer un manuscrit inédit de l'écrivain. Bientôt, il se retrouve en cavale dans la nuit brestoise, traqué par la police, cherchant à reconstituer les morceaux d'un puzzle diabolique.

L'aventure emprunte aux thèmes de l'oeuvre de Pierre Mac Orlan : une femme tentatrice, un bourreau, la mer, le monde de la nuit, quelques squelettes phosphorescents, un pirate... La présence de Pierre Mac Orlan est telle, au fil des pages, que les personnages semblent ses marionnettes. Marin est-il devenu un personnage de roman ? Est-ce un tour de son imagination ou une terrible machination ?

La bande dessinée a pour décor Brest qui, à la faveur de ses lueurs et de ses brouillards, accompagne l'aventure de naufragés de la nuit.

 

Briac et Arnaud Le Gouëfflec sous le feux des questions

Briac et Arnaud Le Gouëfflec sous le feux des questions

Le reportage diffusé sur France 3

Voir les commentaires

Sybille la Nantaise s'enflamme pour Les Voleurs de cerveaux

Publié le par CasaNostra

Chroniqueuse pour le blog littéraire lireoumourir.com, Sybille vient de rédiger un article dithyrambique concernant l'album de bande dessinée polar Les Voleurs de cerveaux.

 

Grande première pour moi : je chronique une bande dessinée ! Ce n'est absolument pas mon genre de lecture habituellement mais j'ai eu l'occasion d'interviewer l'auteur à la radio cette semaine, donc bien évidemment, j'ai lu cette BD atypique éditée par les éditions Sixto. Cette BD fait partie de la collection Casanostra.

Toute l'histoire se déroule dans les rues de Nantes dans les années 50. Luc Renard, un livreur travaillant pour une librairie nantaise, découvre lors de sa tournée, le cadavre d'un client. Il va être mêlé à un trafic de moutons volés et aux affaires d'une bande de gangsters. Nous, lecteurs assoiffés d'aventures, allons le suivre avec avidité pendant cette folle course poursuite où les découvertes seront de plus en plus surprenantes.

Bien évidemment, cet album m'a énormément plu puisque le coeur de l'action se déroule dans la ville où je vis depuis toute petite. C'est donc très appréciable de découvrir les vieux tramways, le pont transbordeur, la place du Commerce ou encore le quartier Guist'hau des années 50. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle il faut absolument découvrir cette BD. En effet, sachez que les dessins et le graphisme (en noir et blanc, comme l'ensemble des BD de la collection Casanostra) sont d'une qualité indéniable. Tous les personnages, à l'exception de Luc Renard, ont une tête caractéristique. Les personnages ont des airs des personnages de Lautner et des Tontons Flingueurs, "un hommage" selon Cyril Launais, l'auteur et le dessinateur de cette BD.

L'enquête elle-même est vraiment atypique et originale. Le trafic de moutons volés est vraiment un thème que je ne connaissais pas et que j'ai trouvé intéressant d'exploiter.

Bref, que des points positifs pour découvrir le coup de crayon talentueux de ce dessinateur et pour découvrir notre magnifique ville de Nantes !

 

Le site : http://www.lireoumourir.com/pages/cycles-de-bd/bd/les-voleurs-de-cerveaux-de-cyril-launais.html

La couverture de l'album de Cyrille Launais

La couverture de l'album de Cyrille Launais

Voir les commentaires

Danse macabre : un palpitant polar rennais en BD

Publié le par CasaNostra

Unidivers.fr, le webzine culturel de Rennes, chronique sur son site la BD polar Danse macabre de Luc Monnerais et Olivier Keraval.

 

Lazare est journaliste d’investigation pour un grand quotidien parisien. Le voilà à Rennes pour couvrir le très médiatique procès aux accents simenoniens et chabroliens (langueurs et perversité de la bourgeoisie provinciale) de… Charles Tessier, un notable accusé du meurtre de sa maîtresse, Mathilde Lejeune. Les deux hommes se rencontrent, Tessier clame à Lazare son innocence et confie qu’il a en sa possession de terribles secrets.

Le lendemain, le notable est retrouvé dans sa cellule… mort. À cinquante-neuf ans, une crise cardiaque, c’est possible ; toutefois, la veille, Tessier expliquait : « On veut me détruire, mais je tiendrai bon… » Le journaliste devient dès lors enquêteur.

Une enquête très sombre qui va le conduire à réveiller des trous noirs et autres boîtes de Pandore dans les sous-sols de la ville de Rennes et autres lieux bien connus des Rennais… En compagnie de la policière Léa Sadberg dont il devient l’amant. Et voilà qu’une photographie de 1983 fait surface… et un club naguère surnommé le Black Lady, lieu de plaisir fréquenté par des hommes d’influence, les Loups bleus… Une bédé polar musclée et palpitante en noir et blanc.

Olivier Keraval, originaire du Finistère, vit à Rennes. Auteur de nouvelles et scénariste, il a grandi avec des auteurs aussi divers que Borges, Cendrars, Miller ou Mishima. Avec Danse Macabre, il signe sa première bande dessinée aux éditions Sixto.

Luc Monnerais, natif de Lorient, est rennais d’adoption depuis quinze ans. Avant d’aborder la bande dessinée, il était avant tout passionné de peinture et d’illustration. En 2010, sa rencontre avec les éditions Sixto et Olivier Keraval, lui donne l’occasion d’affirmer son trait et son goût immodéré de la composition, du cadrage et des perspectives.

La petite maison d’édition nantaise Sixto, réunie autour de Jean-Pierre Balthany, produit des polars en noir et blanc qui s’incarnent dans la collection CasaNostra. Une démarche courageuse par ces temps de grande houle éditoriale.

Le site : www.unidivers.fr/danse-macabre-polar-rennes-sixto-olivier-keraval/

 

Planche extraite de l'album Danse macabre

Planche extraite de l'album Danse macabre

Luc Monnerais nous parle de son travail de dessinateur

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog