Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 15:09

La collection de bande dessinée CasaNostra a fait son nid dans le noir, le polar et le thriller. Pour les éditions Sixto c'est une manière d'écrire la société, une manière de s'emparer du monde tel qu'il est.

dm-belle-photo.jpgLa BD noire, qui souvent investit des marges négligées, attrape le monde et l'époque, ausculte fractures et dysfonctionnements du monde, pense le mal et la folie des hommes. A la différence d'autres genres, elle ne cherche pas à dire ce qui doit être mais il s'agit pour elle d'ouvrir des possibles. Cela nécessite de se soucier du monde, d'être tourné vers lui. Là où certains parlent d'écriture engagée, il s'agit plus d'un dégagement vis-à-vis de l'idéologie dominante marquée par l'individualisme et le consumérisme.

Jouant à la fois sur la gravité des situations et sur le second degré en maniant l'ironie, voire l'humour noir, les héros de nos premiers albums, L'Ange Noir, Danse Macabre et bientôt Saint Mal, sont des héros de biais, ils empruntent des chemins de traverse. Ils nous permettent d'entrevoir la part malfaisante que comporte la nature humaine et de saisir là où ça fait mal dans le système. Le vrai coupable est sans doute à trouver dans la société.

Critique sociale, miroir de ce qui s'agite sous nos yeux, la BD noire donne du sens et permet de penser le monde. Quelque part nous souhaitons lire des ouvrages qui parlent de ce que nous vivons. Nous aurions des raisons de nous sentir tels des réprouvés : les BD parlent des parisiens, peu de nous qui vivons « en région. » Les lieux qui nous sont familiers, l'univers dont nous avons l'expérience sensible, sont quasiment dépourvus d'écho dans le registre du neuvième art. Ce qui est notre expérience, notre vie, n'existe qu'une seule fois, dans les choses elles-mêmes. Depuis toujours, la BD, les livres, mais aussi la presse, les magazines, le cinéma, tout ce tourbillon d'images représente invariablement Paris. Nous cherchons, sans le dire, la BD énigmatique qui agirait comme un miroir et dans lequel nous découvririons qui nous sommes. Cela explique l'enracinement « local » de notre collection CasaNostra, enracinement qui ,bien sûr, permet de mieux appréhender le global.

Par CasaNostra - Publié dans : Présentation de la collection CasaNostra
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 11:02

L'action de cette bande dessinée en noir et blanc se passe dans la ville. D'où l'idée de projeter des images de ce polar, ce vendredi soir.

dmmLe Parlement, le palais de justice, les Horizons, le Thabor... Oui, c'est bien à Rennes que ça se passe. « C'est un choix éditorial, indique Luc Monnerais, le projet était de localiser : Rennes, Brest, Nantes, Saint-Malo... Ça ne nous dérangeait pas, j'ai vécu vingt ans à Rennes et Olivier y vit actuellement. On n'a pas opté pour une vision de carte postale, même si la ville fournit le décor. Le noir et blanc permet de réinterpréter, de situer une intrigue policière, en créant des ambiances. » Le dessinateur joue des ombres et des lumières pour donner de la ville une image intrigante, un peu étouffante. « En même temps, ajoute Olivier Keraval, il fallait des cadrages dynamiques... » Luc apprécie le jeu des contre-plongées, par exemple, qui apporte un aspect cinématographique.

L'intrigue ? Olivier Keraval ne s'est pas inspiré de la vie, même sous-terraine, de Rennes. « On peut penser à Chabrol, certes, qui appréciait le côté scandales feutrés en province, mais là c'est rythmé autrement. Le lieu amène lui-même de la matière. Je suis parti sur une intrigue et Luc y a ajouté un aspect imaginaire, qui s'est intégré. » Luc précise qu'il a eu « toute latitude pour s'occuper du découpage », ce qui était une responsabilité importante parce que cette bande dessinée n'est pas bavarde. « Certains nous l'ont reproché... », note Olivier. « Il n'y a pas beaucoup de texte, ça donne de la modernité à la bande dessinée. L'image se suffit souvent à elle-même. » Luc a opté pour « des cadrages rapprochés, pour conforter cette sensation d'étouffement ». Ça ajoute à « l'ambiance noire. On est dans un polar, donc dans ce qui fait mal, précise le scénariste, avec un journaliste venu de l'extérieur pour faire son boulot, qui se trouve embarqué dans l'histoire ».

Une première à Rennes

La projection, prévue vendredi soir, est une idée d'Olivier. « J'ai eu l'idée en tête dès le départ. Ça a demandé beaucoup d'énergie, on arrive au bout de deux ans de travail. » Cette première se passera sur la place du Clavaire et dans la rue du Cartage, derrière l'ex-Gaumont. « On investit la rue, le café Royal aussi, la Ville a accepté de faire le noir, on a reçu un soutien technique. C'est un lieu exigu, mais on est modestes... Il y aura cinq fois deux planches, avec une ambiance... » Une opération de communication originale. Après la projection, il sera possible de rencontrer les auteurs, qui seront d'abord à la librairie M'enfin, rue Victor-Hugo, tout l'après-midi qui précède la projection.

Gérard Pernon

Photographie © Gérard Pernon

Par CasaNostra - Publié dans : Danse Macabre
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 01:18

À l'occasion de la parution de Danse Macabre, les éditions Sixto ont organisé à Rennes le 27 avril dernier une projection publique de planches extraites de la bande dessinée.

Cet événement insolite a été possible grâce au concours de la Mairie de Rennes, de l'association Vitrine en cours et du café Le Royal.

Par CasaNostra - Publié dans : Danse Macabre
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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 19:20
Charles Tessier, un notable rennais accusé du meurtre de sa maîtresse, nie cet assassinat. Lazare, avec un Z s'il vous plaît comme lézard, journaliste parisien, est envoyé à Rennes pour rédiger un papier sur cette affaire. Mais quelques jours avant son procès, Tessier décède mystérieusement en prison. Lazare reprend l'enquête. Un travail qui l'amène dans une mystérieuse histoire de notables rennais, mêlant prostitution, combines locales et flics véreux. Tout pour réjouir le lecteur.
dm5Deuxième album de la maison d'édition Sixto, après L'Ange noir chroniqué sur ce site, Danse macabre joue à fond l'aspect régional qui avait déjà bien réussi à ces nouveaux mordus de la BD : à Rennes, on espionne à la librairie des Champs libres, on se donne rendez vous sur le banc devant la volière du parc du Thabor ou on visite l'ancien bordel, le Black Lady, du parc des tanneurs. Et puis les souterrains : habitants de Rennes, ça bouge sous vos pas ! Qui dirait que la capitale régionale est endormie ?
Bien sûr, l'amour n'est pas absent : Léa la belle fliquette fera flancher Lazare. D'autres persos sympas aussi comme Tex, le petit génie de l'informatique qui rentre dans tous les réseaux et rafle au passage les infos demandées par Lazare.
Le dessin en noire et blanc, rehausse l'aspect inquiétant de l'histoire. De beaux visages comme celui de la vieille femme (p. 47) ou encore des paysages de Rennes comme la place de la Mairie (p. 15).
Un deuxième album qui confirme la qualité des éditions Sixto.
Marc Suquet
Par CasaNostra - Publié dans : Danse Macabre
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 08:17

Le peintre Louis-Ferdinand Poiccard est fortement inspiré par l'univers du polar, de la culture punk et du pop art. La commune expose ses oeuvres dans le cadre du festival Mauves en Noir, à la mairie jusqu'au 30 mai.

LFPRodolphe Lerat, alias Louis-Ferdinand Poiccard, est né à Nantes en 1966. En 1989, il sort diplômé des Beaux-arts de Nantes. Il part ensuite vivre à Montréal pendant quelques années, où il travaille en tant que peintre scénique.

En parallèle, il réalise aussi des comic strips, des bandes dessinées de quelques cadres, pour un magazine automobile. Et surtout, il s'apprête à sortir sa prochaine bande dessinée, en tant que dessinateur-auteur. « Je finalise ma bande dessinée intitulée Rien ne va plus à la tour LU. Je fais seul les illustrations et les textes. Je finis également mon roman policier, qui doit paraître en même temps que la BD, en décembre prochain. Dans le roman, on retrouvera Pica. Un détective privé un peu loufoque que j'ai créé. »

Pour définir son univers, Louis-Ferdinand Poiccard parle « d'une balade dans le monde du polar ». Il trouve son inspiration dans les romans de David Goodis, les peintures d'Edward Hopper et les films de Jean-Pierre Melville. Ses peintures sur toile ou sur papier gaufré représentent aussi bien des bâtiments que des personnages, des avocats, détectives, actrices. En somme, le polar est toujours présent. Même son pseudo est truffé de références. « J'ai toujours eu un pseudonyme, même aux Beaux-arts. Louis-Ferdinand Poiccard, c'est une référence à deux films de Godard, À bout de souffle et Pierrot le fou. Et Louis, c'est pour les muses ! »

Du 20 avril au 30 mai, exposition Louis-Ferdinand Poiccard à la mairie. Entrée libre sur les horaires d'ouvertures. Site de l'artiste : http://www.myspace.com/poiccardferdinand

Laura Leclair Delord

 

Photographie ©Laura Leclair Delord


Par CasaNostra - Publié dans : Rien ne va plus à la Tour Lu
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