De nombreux dessinateurs et scénaristes seront présents au festival Penn Ar BD. Des confirmés (André Le Bras, Bruno Le Floch…) et des petits jeunes comme le Finistérien Olivier Keraval.
Avec le dessinateur Luc Monnerais, Olivier Keraval, scénariste, a œuvré à la parution de Danse macabre, l’une des premières BD – après
L’Ange noir de Mathé et Bathany, également présents au salon – de la toute nouvelle maison d’éditions Sixto.
Vous et le dessinateur Luc Monnerais venez au salon avec Danse macabre. Pouvez-vous nous le présenter ?
C’est une BD policière. C’est donc difficile car trop en raconter ne sert à rien ; mais c’est l’histoire d’un journaliste d’investigation qui s’immerge dans les bas-fonds de Rennes.
Justement, votre maison d’édition Sixto – dont vous êtes l’un des fondateurs – joue sur le côté local ?
Notre collection CasaNostra a en effet pour slogan “La BD polar au cœur de nos villes”. Nous l’avons créée l’année dernière avec Jean-Pierre Bathany, un Finistérien qui publie beaucoup aux éditions Bargain. Cette maison basée à Quimper édite du roman policier local. Nous avons adapté le concept à la bande dessinée.
Danse macabre est sorti le 14 mars dernier. Comment “marche” l’album ?
Les ventes sont plutôt bonnes et les critiques très positives. Le concept n’existait pas ; nous avons étonné de nombreuses personnes, surprises par la qualité du dessin.
L’histoire ici se déroule à Rennes. Y a-t-il d’autres projets ?
Oui, plusieurs dont un à Quimper. La sortie d’une BD qui s’y passe est programmée pour le premier semestre 2013. Personnellement, je travaille sur deux scénarios : l’un à Saint-Nazaire et l’autre à Ouessant.
Le Finistère tient une place importante…
C’est vrai, de par mon père qui est originaire du Pays Bigouden. D’ailleurs, on retrouve plein de Keraval dans ce secteur.
Sébastien Joncquez
Le Parlement, le palais de justice, les Horizons, le Thabor... Oui, c'est bien à Rennes que ça se passe. « C'est un choix éditorial, indique Luc Monnerais, le projet était de localiser :
Rennes, Brest, Nantes, Saint-Malo... Ça ne nous dérangeait pas, j'ai vécu vingt ans à Rennes et Olivier y vit actuellement. On n'a pas opté pour une vision de carte postale, même si la ville
fournit le décor. Le noir et blanc permet de réinterpréter, de situer une intrigue policière, en créant des ambiances. » Le dessinateur joue des ombres et des lumières pour donner de la ville une
image intrigante, un peu étouffante. « En même temps, ajoute Olivier Keraval, il fallait des cadrages dynamiques... » Luc apprécie le jeu des contre-plongées, par exemple, qui apporte un aspect
cinématographique.
Deuxième album de la maison d'édition Sixto, après L'Ange noir chroniqué sur ce site, Danse macabre joue à fond l'aspect régional qui avait déjà bien réussi à ces nouveaux mordus de
la BD : à Rennes, on espionne à la librairie des Champs libres, on se donne rendez vous sur le banc devant la volière du parc du Thabor ou on visite l'ancien bordel, le Black Lady, du parc
des tanneurs. Et puis les souterrains : habitants de Rennes, ça bouge sous vos pas ! Qui dirait que la capitale régionale est endormie ?